Vous avez passé vingt minutes sur LinkedIn alors que vous deviez finir ce rapport. Vous avez vérifié vos mails toutes les dix minutes. Vous avez « juste regardé » une vidéo YouTube.

Si cette description vous ressemble, vous n’êtes pas seul : selon RescueTime, les travailleurs du savoir passent en moyenne seulement 2h48 par jour à travailler de façon réellement concentrée. C’est exactement là qu’intervient le bloqueur de sites Cold Turkey.

Bloqueur de sites Cold Turkey

Une philosophie du verrou plutôt que du rappel

Développé par une société canadienne indépendante, Cold Turkey est un logiciel de bureau qui bloque sites web, applications et jeux vidéo sur Windows et macOS. Son nom, emprunté à l’expression anglaise qui désigne une rupture radicale et immédiate, annonce la couleur : pas de compromis, pas de demi-mesures. L’outil s’est imposé au fil des années comme une des références parmi les professionnels qui veulent reprendre le contrôle de leur attention.

Sa différence fondamentale avec d’autres solutions comme StayFocusd ou Freedom ? Une fois le blocage verrouillé, il est quasiment impossible de le contourner. Désactiver l’extension, désinstaller le logiciel, redémarrer l’ordinateur : rien n’y fait. Cold Turkey tient sa promesse jusqu’au bout.

interface blocage de sites

Soyons clairs. Aucun logiciel n’est inviolable pour un utilisateur expert disposant de droits avancés sur sa machine. Mais dans un usage professionnel standard, le niveau de verrouillage proposé par Cold Turkey le place parmi les solutions les plus strictes du marché.

C’est d’ailleurs ce qui explique sa popularité chez les profils qui travaillent en production intellectuelle : rédacteurs, développeurs, consultants, chercheurs.

Trois étapes pour ne plus jamais procrastiner

L’installation est volontairement simple. On télécharge l’application de bureau, on installe les extensions pour les navigateurs supportés, Chrome, Firefox, Edge et Safari sont couverts, puis on configure et démarre son premier blocage. C’est à ce moment que la discipline, ou la magie selon le point de vue, opère vraiment.

L’utilisateur crée des listes de blocage personnalisées intégrant des URL précises, des catégories entières de sites comme les réseaux sociaux ou le streaming, des applications installées sur la machine, voire l’intégralité d’internet en n’autorisant que quelques exceptions. Cette granularité est rare sur le marché. On peut aussi programmer des blocages récurrents, par exemple, bloquer les réseaux sociaux du lundi au vendredi de 9h à 18h, ou planifier des pauses.

Le verrouillage reste la fonctionnalité signature. Une fois activé, impossible de faire marche arrière avant l’heure définie. Pour les professionnels qui se connaissent et savent qu’ils cèderont à la tentation sans ce garde-fou, c’est un changement de paradigme.

Blocker, Writer, Micromanager : trois outils pour trois profils

Cold Turkey se décline en trois produits complémentaires. Cold Turkey Blocker est le produit phare, celui qui gère le blocage de sites et d’applications. Pour les rédacteurs, consultants ou développeurs qui doivent se concentrer sur une tâche unique, Cold Turkey Writer va plus loin : il transforme littéralement l’ordinateur en machine à écrire, avec un écran noir sans aucune distraction, et l’utilisateur doit atteindre un nombre de mots défini avant de pouvoir accéder à quoi que ce soit d’autre. Enfin, Cold Turkey Micromanager adopte la logique inverse : plutôt que de bloquer, il n’autorise que les applications nécessaires pendant un sprint de travail.

Des cas concrets ? Un consultant en stratégie qui doit rédiger un rapport de fond peut lancer Writer avec un objectif de 2 000 mots : aucune notification, aucun onglet, aucune tentation ne viendra l’interrompre avant qu’il ait atteint son objectif. Un développeur qui travaille sur un sprint Agile peut utiliser Micromanager pour n’avoir accès qu’à son IDE et à la documentation technique pendant deux heures d’affilée.

préférences du site Cold Turkey

Ce qui fait vraiment la différence face à la concurrence

Trois arguments distinguent Cold Turkey. La robustesse du verrouillage d’abord, qui en fait un outil crédible là où les autres laissent trop facilement la porte ouverte à la procrastination. La confidentialité ensuite : toutes les données, statistiques, listes, paramètres, sont stockées localement sur l’ordinateur. Rien ne transite par des serveurs externes.

Troisième argument, et non des moindres : le modèle économique. Cold Turkey fonctionne en achat unique, sans abonnement mensuel. Une seule clé de licence couvre tous les ordinateurs personnels de l’utilisateur, mises à jour à vie incluses. À l’heure où les abonnements SaaS s’accumulent dans les budgets des équipes, c’est un argument non négligéable.

Un outil efficace… mais pas universel

La radicalité de Cold Turkey fait sa force, et sa limite.

Si vous êtes en quête d’accompagnement progressif, de coaching ou de visualisation avancée de leur temps d’écran vous risquez de le trouver un peu austère.

De même, le logiciel n’a pas été pensé comme un outil de pilotage d’équipe. Il n’existe pas de console d’administration centralisée ni de déploiement massif simplifié. On reste sur une logique d’équipement et de comportement individuel.

Combien coûte Cold Turkey ?

Une version gratuite de Blocker existe avec des fonctionnalités de base suffisantes pour tester l’outil. La version Pro, qui débloque le blocage d’applications, les horaires programmés et les statistiques avancées, est disponible en achat unique aux alentours de 39 dollars. Writer et Micromanager sont proposés séparément ou en bundle. Les tarifs actualisés sont disponibles directement sur getcoldturkey.com.

Recréer des frontières dans un environnement sans limites

C’est sans doute là que réside l’intérêt principal de Cold Turkey.

Le numérique professionnel a aboli beaucoup de frontières : entre communication et production, entre information et distraction, entre temps long et sollicitations instantanées.

Cold Turkey fait le chemin inverse. Il recrée des murs là où tout était devenu poreux.

Pas pour contraindre durablement, mais pour rendre à nouveau possible ce qui devient rare : travailler longtemps, sans être interrompu.

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